Mochi

Cette journée spéciale se passe sur l’île de Kyushu, à l’Est. Plus précisément dans la campagne pas loin d’Oita, chez les Hayashida qui nous accueillent une semaine !

Satomi, Mahito et leurs enfants Haruto et Tomoka vivent dans une maison ancienne, qui a peut-être une centaine d’années (c’est énorme au Japon). On vous en reparlera, mais il nous semble que leur mode de vie est largement influencé par la tradition japonaise, avec un retour aux sources comme on peut le rencontrer chez les néo-ruraux français (c’est peut-être pour cela qu’on s’entend si bien 😉 ! ).

Et, traditionnellement, en hiver, on prépare le mochi : ces gâteaux de riz dont on vous a déjà parlé au sujet du Nouvel An. Pour cela, il faut un certain nombre d’outils :

  • une pierre spéciale, creusée comme un pilon, à une cinquantaine de centimètres de haut
  • deux gros marteaux ou pilons en bois
  • des bacs pour stocker les mochis
  • de l’eau chaude
  • Et des ingrédients pour les mochis (dont le riz bien sûr !)

La veille, on a d’abord trié le riz en enlevant les grains de riz mauvais (c’est le riz produit sur place, par Mahito).

Ensuite, le riz est cuit dans un torchon à la vapeur. Lorsqu’il est cuit, il est jeté dans la pierre : attention, c’est chaud ! « atsui ! »

C’est à ce moment-là que commence la danse du pilon. Comme beaucoup de danses, elle se fait à deux : l’un-e en face de l’autre, chacun-e armé-e d’un marteau en bois, on commence à écraser le riz contre la pierre, en tournant autour de celle-ci. Une fois que les grains de riz sont un peu éclatés de façon à peu près homogène, la danse prend son envol et les pilons aussi. Il s’agit de cogner bien fort de façon synchronisée (sinon, on se tape le pilon, c’est un peu comme si on marchait sur le pied de son/sa partenaire, sauf que ça abîme plus le marteau que le pied) pour transformer le riz en une espèce de pâte collante. Pour ne pas que ça colle de trop aux pilons ou à la pierre, on trempe les outils dans l’eau et on retourne la pâte régulièrement.

Nous n’avons pas tout à fait saisi le moment idéal qui dit que c’est prêt, mais à un moment donné, on transfère la pâte vers un récipient en plastique couvert de farine de riz et de fécule de pomme de terre, et là, on forme les petites boules.

La partie la plus sensible semble être de séparer des petites portions du bloc principal. Et les personnes en charge ont le coup de main.

Puis, pour former les boules, tout le monde s’y met, enfants compris, et c’est vrai que c’est marrant : il faut faire une boule, mais avec la peau du dessus bien tendue, il y a toute une technique difficile à décrire avec des mots.

Là, c’est le mochi nature, mais on peut aussi les fourrer au an (purée de azuki/ haricot rouge), ou les rouler dans du radis pour une version plus salée, ou encore dans du kinako (mélange de farine de soja et de poudre de cacahuète, le tout légèrement caramélisé) : c’est notre préféré ! Je pense qu’on n’en a jamais mangé d’aussi bon qu’à ce moment-là !

Evidemment, comme on ne prépare pas le mochi tous les jours, c’est un peu un événement, et les petites mains sont bienvenues pour aider ! C’est aussi la fête et on partage un bon repas et du bon temps tous ensembles, toutes générations confondues.

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