Le petit changement de programme orchestré par Air France lors de notre voyage vers le Japon (voir article précédent) nous amène donc à Fukuoka, d’où nous prenons deux jours plus tard le train direction Hiroshima.

Le programme est de retourner étape par étape vers Tokyo, en visitant des villes et/ou des connaissances sur le chemin.

Pour Hiroshima c’est plus une visite touristique, du coup on a fait les touristes ! Et l’une des premières destinations des touristes, ce n’est pas forcément le Peace Museum, qui raconte la destruction de la ville en 1945, mais l’île de Miyajima en face !

Miyajima

Tori de Miyajima (Hiroshima)

Le Tori dans l’eau de Miyajima est l’un des plus représenté au Japon, ce qui fait de l’île une destination très prisée. Dans le train pour se rendre au ferry, nous repérons très rapidement ceux qui s’y rendent de ceux qui commutent vers leur travail !

Notre JR Pass de sept jours nous permet de prendre pas mal de trains de « banlieue » et l’un des ferrys sans supplément. Deux lignes de ferry effectuent des allers/retours en continue entre la côte et les îles, avec plusieurs bateaux chacune.

Une fois sur place, comme à Nara, des daims naviguent entre les touristes, tentant de leur chiper leurs brochettes toutes chaudes. L’état de certains animaux, peut-être plus habiles que les autres, nous donne une indication sur l’effet de la surconsommation de brochettes au fromage… Heureusement pour vous, je n’ai pris que les plus mignons en photo !

Les rues principales sont pas mal fréquentées, malgré le fait que nous soyons en basse saison : nous imaginons la foule en pleine saison, cela doit être fou ! Nous nous écartons pour trouver un restaurant moins touristique et visitons de jolies petites rues. Les rues adjacentes sont désertes, mais pas de resto non plus !

Nous retournons dans la rue commerciale et déjeunons bien au chaud, mais nous renonçons à faire la randonnée vers le haut de la montagne, il fait trop froid et nous ne sommes pas assez bien équipés contre le vent. Nous aurons d’autres occasions de randonner comme vous le verrez !

Senjôkaku

Senjôkaku : la pavillon aux mille tatamis

Un peu plus haut dans la montagne, nous tombons sur un temple impressionnant. Inachevé, les colonnes sont restées en bois brut, tandis que les murs sont tout simplement absent, dévoilant une vue imprenable sur le village.

Les pièces de bois sont tout simplement monumentales, et du fait de son histoire aucun artifice ne vient camoufler les éléments de charpente et le veinage unique du bois. Je préfère ces monuments aux temples maquillés en rouge ou en feuilles d’or !

Sur la charpente du bâtiment sont accrochées de nombreuses œuvres de toutes les époques, certaines ayant l’air de dater de plus de mille ans tandis que sur d’autres on croirait l’encre à peine sèche.

Le coup de cœur d’Églantine (largeur : environ trois mètres !)

Le plancher est lui aussi remarquable. Lustré par des hordes de touristes en chaussettes ou chaussons verts fournis à l’entrée, il en impose et montre la résistance et la beauté révélée avec le temps du bois massif : on est loin des parquets composites clipsables qui sont la norme dans les magasins aujourd’hui…

Après un peu plus de quatre cent ans, on observe quelques réparations sur le plancher, qui sans faire tâche ajoute du cachet au bâtiment !

Après cette petite pause dans le calme du temple, nous continuons notre découverte de l’île au hasard, et le hasard fait souvent assez bien les choses !

La rivière Momijidani et son parc

Nous nous retrouvons sur le chemin du funiculaire menant au mont Misen, l’autre « must-see » de l’île.


N’ayant pas choisi d’y monter, nous ne sommes donc pas tentés de courir pour attraper le prochain funiculaire comme l’indique le drôle de panneau sur le côté !

A un moment donné, nous voyons une jolie rivière sur le côté, bordée de petites maisons. On dirait une sorte de Ryokan, les hôtels traditionnels japonais, avec sa ballade privée le long des maisons. Rien n’indique que l’endroit est privé, alors contrairement à la plupart des autres visiteurs nous tentons notre chance en remontant la rivière, à pas de loup pour ne pas déranger si jamais…

La beauté du lieu semble toute naturelle, avec ses blocs de pierre immenses formant des piscines et des petites cascades, un chemin de mousse se faufilant entre les arbres subtilement taillés… Cependant, un panneau informatif nous indique (en anglais !) qu’il s’agit d’une création 100% humaine, la rivière ayant été balayée par un glissement de terrain en 1945.

On doit cette petite merveille à un paysagiste d’Hiroshima dont nous avons oublié le nom, mais qui s’est attaché à respecter au mieux le lieu pour habiller les travaux de stabilisation de la rivière. On apprécie d’autant plus le travail accompli lorsque l’on connait ce que donnent les autres rivières « sécurisées » du japon, soit la majorité d’entre elles.

Lorsque l’automne bât son plein, cette petite rivière est l’un des lieux les plus prisés pour le momijigari, la contemplation du changement de couleur de la nature, principalement des érables rouges du Japon (momiji). Nous arrivons juste un peu tard, mais si l’on a raté les jolies couleurs, cela nous a permis de découvrir le lieu dans un calme qui nous convient tout à fait !


Voilà pour notre petit tour de touristes !

Je pense qu’une grande partie du plaisir que nous avons ressenti à découvrir ces différents endroits venaient du fait que nous avions justement l’impression de les découvrir, n’ayant pas potassé nos guides de voyages sur Miyajima avant de nous y rendre.

Pas d’attentes particulières, pas de schéma ni de trajets prédéfinis, on s’est laissé guidé par les chemins qui se présentaient à nous (et par notre faim !). Les découvertes n’en ont été que plus belles !

Certes nous avons semble-t-il « loupé » le temple aux 500 bouddhas, mais si je n’avais pas recherché quelques noms pour écrire cet article, je n’aurai jamais su que nous étions passé à côté de quelque-chose. Y-a-t-il quelque-chose à regretter ? 😉

A bientôt !


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