Drama

A part l’aïkido, les après-midi dans les cafés à bosser et les balades au hasard de la ville, ce qui rythme notre vie tokyoïte, ce sont les DRAMAS !

Drama c’est quoi ?

Les dramas sont des films ou des séries japonaises (les productions coréennes sont aussi très populaires !). C’est toujours un peu à l’eau de rose, un peu niais, avec des acteurs et des actrices kawaï mais souvent super mauvais-es, un scénario qu’on a deviné aux premières minutes, avec une musique nian-nian qui reste en tête pendant des jours. Bref, du bon navet sur tous les plans…

Alors pourquoi ?

Ce n’est pas dans nos habitudes de regarder des navets (on est quand même un peu fier de notre côté intello), alors comment se fait-il qu’on enchaîne les saisons ?

Déjà, c’est un bon moyen de se faire entrer en tête la langue japonaise, il faut l’avouer !

Ensuite, c’est quand même super rigolo ces moments de « hasard » parfait, où la belle mère harpie tombe comme par hasard sur l’héroïne au moment où il faut, ces scènes complètement incongrues de fausse baston, ces « scènes d’amour » de fin de saison mais pas de trop près (en général c’est juste un petit bisou dans le coucher de soleil), etc. Bref, il y a un côté charmant à tout ça !

Et aussi, on se dit que ça peut nous donner quelques clefs pour comprendre un peu mieux la culture japonaise !? Les relations, l’amour, la drague (et oui, ce sont bien des films à l’eau de rose, il s’agit donc surtout d’amour), mais aussi le rapport à l’argent, la vie en famille, la nourriture et d’autres sujets.

Enfin, on a bien essayé de récupérer des bons films japonais en version sous-titrée, mais nous ne parvenons pas à télécharger ce qui nous plait, à part sur ce merveilleux site d’anime-ultime, où il faut dire que 100% des dramas proposés sont… un peu nazes…

Le drama est partout !

Il y a autre chose de très marrant dans les dramas, c’est que les acteurs et actrices sont les mêmes d’une série à l’autre (souvent dans des personnages similaires d’ailleurs). Mais ça ne s’arrête pas là ! Ce sont encore les mêmes qui font des pubs et qui ont les groupes de pop à la mode qui font la une des magazines ! Nous sommes envahis pas les dramas ! Alors, ne nous en voulez pas trop si nos cerveaux sont remplis de Domyogi, Tsukushi-chan et autres !

Eye contact

Après quelques semaines à Tokyo, on a eu l’occasion de marcher dans la rue et de croiser une bonne dizaine de milliers de personnes au bas mot. De jour, de nuit, dans les quartiers chauds, les parcs, les quartiers résidentiels… les occasions ont été nombreuses et variées !

Sur ces dizaines de milliers de rencontres, je pense pouvoir dénombrer moins de 100 contacts visuels, dont environ 86 non japonais… Wouah ! Ca fait quand même presque 14 japonais-e-s dont j’ai croisé le regard un peu plus qu’un dixième de seconde !

J’ai essayé de me renseigner sur le « pourquoi ? ». Ca vous intéresse ? Et bien, je n’ai pas de réponse moi-même, du coup, je vous invite à faire les mêmes recherches sur les différences culturelles entre le Japon et la France (ou l’occident de façon plus large peut-être) ici, ou peut-être. Bref, ce n’est pas l’objet de l’article…

Et alors ?

Ben ça me pose un problème de ne pas croiser le regard des gens (Guilhem s’en fiche), et c’est ce pourquoi-là que j’avais envie de partager !

Ça bouleverse mes habitudes…

A la maison, je croise le regard des gens, ça donne l’impression d’exister parmi une foule. Même une relation infime, par contact visuel, rend tangible l’existence. Alors, s’il n’y a pas ça du tout, c’est hyper troublant !

Ca restreint mon imagination !

Et bien oui, j’aime bien m’imaginer la vie des autres, les interactions qui pourraient exister entre nous, me dire que peut-être on s’est déjà croisé ou qu’on se recroisera… Vous me direz : « tu peux bien t’imaginer la vie des gens sans les avoir regardé-e-s dans les yeux ». Oui… mais non. Il manque quelque chose, ça restera très extérieur, et puis, si je ne croise pas le regard des gens, ça met une énorme barrière, et si j’imagine qui ils ou elles sont, j’ai l’impression de m’immiscer sans autorisation. Le regard est une porte plus ou moins ouverte et ici, dans la rue, quasiment toutes les portes sont fermées, verrouillées à triple tour. C’est frustrant.

Et puis c’est aussi rigolo de regarder les regards des un-e-s sur les autres. Mais là, en plus de ne pas croiser le regard des autres, je ne surprends que très rarement des regards véhiculant des émotions entre les gens. Evidemment, les gens se regardent, mais ça reste très fonctionnel et je ne le perçoit pas comme un moyen d’échanger de la même manière que ça peut l’être pour moi. C’est comme si le regard n’était pas un langage du quotidien, seulement réservé pour des occasions très spéciales ou intimes (que du coup je ne connais pas, les mondes du travail et de l’amour étant totalement inconnus pour nous, peut-être que c’est là que ça se passe). Ou alors, c’est tellement subtile que je ne capte même pas qu’il se passe quelque chose…

C’est triste.

Chacun dans son coin, dans la rue, il n’y a pas d’échange… Il n’y a pas d’opportunité de rencontrer les gens dans la rue. Enfin, en ce qui me concerne, je ne peux pas aborder quelqu’un-e sans avoir préalablement commencé la discussion par contact visuel.

Par exemple, vous imaginez le nombre de films romantiques occidentaux qui se basent sur le « love at first sight » dont le scénario est juste impossible ici ? A commencer par cette pub crocodile. C’est tout un champs des possibles qui se ferme !

Est-ce que les japonais-es trouvent ça romantique ?

Ca renforce le complexe de l’occidental-e.

(dont je reparlerai dans un autre article « Psychologie », voire deux)

D’abord, je me dis que si les gens ne me regardent pas, c’est sûrement parce que je suis moche et vulgaire selon eux, et qu’il ne vaudrait mieux pas croiser le regard de quelqu’un d’aussi détestable…

Et ensuite, comme je ne peux pas m’empêcher de chercher le contact visuel, et que par ailleurs, je suis quand même un tout petit peu sensible sur le fait que cela puisse mettre les gens d’ici mal à l’aise, et ben je suis encore plus mal à l’aise, en me disant que vraiment, je ne suis pas capable de percevoir la finesse de se comportement et de respecter les codes locaux (et est-ce que j’ai jamais eu envie de suivre les codes d’abord ?)

Et quand ça arrive, ça fait quoi ?

Je l’ai dit au début, le contact visuel a quand même été établi quelques rares fois : wouahhh ! Alors là ça dépote ! A peu près un million de choses se passent. Et puis, quand dans d’autres situations, comme une soirée salsa par exemple, un japonais soutient un regard droit dans les yeux, c’est trop bizarre !

Et vous, qu’est-ce que ça représente le contact visuel ?

A l’écoute du temps

Article écrit par Guilhem, et qui ne préjuge pas de ce qu’aurait pu en dire Eglantine !

Qu’est-ce qu’on fait au Japon ? Le début de notre séjour plus ou moins mouvementé me fait me poser cette question d’autant plus. Lors d’une balade solitaire dans un quartier tout à fait banal d’une ville japonaise, je me suis mis à penser à cela. Est-ce une bonne idée de quitter tout à coup nos projets en cours au Morimont pour venir ici, de l’autre côté de la planète, dans un pays où nous n’avons pour le coup aucune attache véritable, aucun projet long terme ?

Les semaines précédant le départ vers le Japon était intenses et chargées. Projets photo, construction d’un nouveau StudioBooth, séjour en Bretagne pour aider sur le chantier du beauf’, déménagement des machines-outils de menuiserie, etc.

Le départ était prévu de longue date, nous avions acheté nos billets en mai dernier, mais la quantité de choses à faire avant de partir se densifiait avec l’approche de la date fatidique. Non pas que nous avions de plus en plus de choses à faire, mais nous avions de moins en moins de temps pour les faire.

Le temps

Le temps est justement l’élément clé de notre voyage au Japon. On peut parler de ce qui nous attire ici, de la culture qui nous en apprend chaque jour un peu plus sur la nôtre, des rencontres que nous faisons et qui nous inspirent, les raisons d’être ici sont presque infinies, mais pour ma part je pense que le rapport au temps est l’élément principal que j’aimerais approfondir avec cette coupure.

Le temps me semble être la clé de beaucoup de choses. Pendant notre voyage à vélo nous avons eu la chance d’en avoir une vision tout à fait particulière, liant le temps à l’espace avec notre avancée, nous permettant d’en constater l’écoulement au présent, de visualiser le temps passé, et de constater l’absence de prises sur le futur. Notre mode de vie nous avait fait profiter de chaque minute de présent librement : difficile à reproduire mais cela donne une idée de ce qu’il est possible d’obtenir !

Il y a ensuite eu notre installation en Alsace, il y a six ans déjà. Le projet est devenu une part importante de notre vie. Un projet fait de très nombreux projets que l’on tente de concilier et de faire marcher ensemble dans une logique commune, selon des idéaux qui nous sont chers. Nous mettons beaucoup d’énergie et presque tout notre temps dans ces projets, car il s’agit tout simplement de notre vie. Quoi de plus normal que de passer son temps à sa vie ? Le chemin parcouru est grand depuis que nous sommes arrivés, mais il est parfois difficile de s’en rendre compte, contrairement au temps passé.

Ce qui me manque peut-être et ce qu’il est possible de trouver au Japon (ou ailleurs) est le recul par rapport à tout cela. Une pause dans ces activités nous montre que c’est possible d’une part, et permet de sortir la tête du guidon pour penser tranquillement à ce que nous faisons, clarifier un peu la direction que nous prenons. Nous n’arrêtons pas tout puisque nous travaillons depuis ici sur certains projets, mais d’une manière différente de ce que nous aurions pu faire de chez nous.

Mes questionnements par rapport au temps sont d’une part de tenter de me rendre compte du temps qui passe, tout simplement, et de relativiser l’importance que cela a. D’autre part d’essayer lorsque c’est possible de mieux utiliser ce temps pour des choses qui me semblent importantes dans la vie. Tout un programme !

On va dire que ce kanji a un rapport avec l’article : on ne sait jamais sur un coup de chance ! 🙂


Qu’est-ce qu’on fait au Japon donc ? On prend le temps d’avoir le temps et on re-concentre notre énergie sur ce qui nous semble le mieux pour notre vie et celle de ceux qui nous entourent. Ça c’est l’un des projets en tout cas, on vous en dira plus à la fin du voyage !

Guilhem

Hiroshima

De retour à Hiroshima après notre excursion à Miyajima, nous continuons nos visites touristiques en faisant le tour à pied de la ville, traversée par de nombreux bras de rivières se jetant dans la mer intérieure toute proche.

Il est parfois difficile de savoir où l’on se trouve du coup : on longe quelle rivière là ? T’es sûre que c’est la bonne ?

Notre logement, réservé près des lignes de Shinkansen pour ne pas avoir à traverser toute la ville avec nos bagages, se trouve au nord de la ville. J’avais fait bien attention de faire une réservation tout près de la gare : la chambre était même dans le pâté de maison de la gare, pratique ! Oui, sauf que ce n’était pas la bonne gare : le Shinkansen s’arrête en fait dans la gare d’après par rapport l’endroit où j’ai réservé. Pas de chance ! Faut dire que d’effectuer la réservation en urgence depuis l’aéroport de Paris sans connaître ni la ville ni le fonctionnement des trains au Japon aurait pu être bien pire ! Ici un petit tour en train et c’était réglé : ouf !

Et la bombe dans tout ça ?

Ah oui la bombe : et bien si c’est la première choses à laquelle on pense lorsqu’on dit « Hiroshima », ce n’est pas du tout présent dans la ville en elle-même : la ville ressemble à s’y méprendre à n’importe quelle autre ville japonaise, qui ne comportent de toute façon pas beaucoup de maisons ou éléments architecturaux datant d’avant la guerre. Hiroshima doit sûrement avoir moins de temples historiques que la moyenne des villes japonaises, mais il est difficile de s’en rendre compte car de toute façon le patrimoine historique du Japon est reconstruit régulièrement selon les méthodes ancestrales. Ici ils ont dû repartir de rien, mais ont sûrement reconstruit la plupart à l’identique.

Un exemple avec le « château de la Carpe »

Le château de la Carpe, datant de 1591 en pleine période féodale, marquait la puissance du Shogun de la région, Mori Terumoto. Érigé non pas sur les hauteurs environnantes mais en plein centre ville pour appuyer la puissance de celle-ci, il n’a pas pu échapper à la destruction massive de la ville le 6 août 1945. Il a été soufflé comme le reste lors de l’explosion de la bombe atomique, ne laissant que des débris fumant en lieu et place de sa position dominante dans la ville.

Tadam !

Difficile de croire que le « nouveau » château est une construction datant de 1958. Construit sur le modèle du château original, le nouveau ressemble en tout point à une construction d’époque. Il paraît que la structure a été faite en béton armé plutôt qu’en bois, sûrement pour des questions de coûts, mais au fond pourquoi pas !

Au contraire du château d’Himeji, ou du plus ancien temple d’Osaka qui, lors de nos visites n’étaient pas visibles, cachés sous des super-structures protégeant les artisans effectuant leurs restaurations complètes, au moins le château d’Hiroshima était bel et bien visible !

Le dôme de Genbaku

A l’origine, le bâtiment a été construit comme Hall d’exposition pour la promotion de l’Industrie de la province d’Hiroshima.

Un peu plus loin dans notre balade nous arrivons au dôme de Genbaku, symbole de la destruction de la ville par la bombe atomique.

La légende veut que le bâtiment ait résisté (partiellement) au souffle destructeur qui a rasé la ville car la bombe « Little Boy », qui a été déclenchée à environ 650m d’altitude, se trouvait pratiquement à la verticale du bâtiment au moment de l’explosion. Le souffle, qui était donc vertical à cet endroit, a épargné les murs de ce bâtiment contrairement à la plupart des autres édifices de la ville.

Not published in LIFE. Hiroshima, 1945.

Un sujet de discorde internationale

Pendant la reconstruction de la ville, le bâtiment est resté tel quel pendant quelques années, puis clôturé en cas d’effondrement, et a enfin été l’objet de multiples discussions quand à son avenir : fallait-il le détruire pour oublier l’épisode tragique, ou au contraire le conserver comme mémorial ? C’est finalement la deuxième option qui a été retenue en 1966. Des travaux ont été effectués pour pérenniser les ruines du bâtiment, devenu par la suite l’un des éléments du Mémorial pour la Paix, avec les buts ci-dessous :

Le bâtiment est le témoin du désastre terrible produit par la première utilisation par l’humanité d’une bombe atomique. Les ruines ainsi figées sont une image des conséquences directes de la bombe. Il représente enfin l’espoir universel pour l’abolition de toute les armes nucléaires sur Terre.

Plus tard, en 1995, le Japon a demandé l’inscription du bâtiment au Patrimoine Mondial de L’UNESCO, provoquant de fortes réticences de la part des États-Unis et de la Chine. D’après une rapide lecture d’une thèse académique hollandaise faisant une étude de cas du fonctionnement politique de l’UNESCO dans ce cas précis, voici ce que reprochait chacun des pays à cette demande.

Opposition des États-Unis

Les États-Unis ne se sont pas opposés frontalement à cette demande du fait des relations commerciales et politiques fortes avec leur allié japonais. Ils ont tout de même fait part de leur souhait de bien définir (entendre : à leur manière) le contexte de l’utilisation de ces armes pendant la guerre (ndlr : à savoir le fait communément admis que les bombes ont permis de mettre fin à la guerre en épargnant au maximum les vies des soldats et des civils qui auraient été impliqués dans des combats au sol. Cette thèse est pas mal remise en question depuis quelques années à la lumières des dossiers déclassifiés après 50 ans, voir plus bas).

The United States is concerned about the lack of historical perspective in the nomination of Genbaku Dome. The events antecedent to the United States’ use of atomic weapons to end World War II are key to understanding the tragedy of Hiroshima. Any examination of the period leading up to 1945 should be placed in the appropriate historical context.
The United States believes the inscription of war sites outside the scope of the Convention. We urge the Committee to address the question of the suitability of war sites for the World Heritage List.”

American representatives at UNESCO, 1996

La volonté de conserver dans l’opinion publique la version officielle de l’Histoire, celle des vainqueurs de la guerre, était la principale préoccupation du gouvernement américain.

Opposition de la Chine

Du côté chinois, les revendications s’appuient aussi sur le contrôle l’Histoire, en voulant cette fois éviter que les japonais puisse se positionner en tant que victime de la guerre, alors qu’ils ont infligés des dégâts extrêmement importants dans tous les pays asiatiques.

During the Second World War, it was the other Asian countries and peoples who suffered the greatest loss in life and property. But today there are still few people trying to deny this fact of history. As such being the case, if Hiroshima nomination is approved to be included on the World Heritage List, even though on an exceptional basis, it may be utilized for harmful purpose by these few people. This will, of course, not be conducive to the safeguarding of world peace and security.
For this reason China has reservations on the approval of this nomination.

Chinese representatives at UNESCO, 1996

Les désaccords sont profonds entre la Chine et le Japon, et les gouvernements ou mouvements nationalistes de chacun des pays font tout pour dégrader l’image de l’autre depuis les années 80. Lors de notre passage en Chine il y a six ans, nous avions d’ailleurs vu en trois mois pas mal de manifestations anti-japonaise. La Chine n’a pas laissé passer l’occasion d’aborder le sujet des massacres japonais.

On se rend bien compte ici de l’importance de l’Histoire pour les puissances politiques,et surtout de qui l’écrit ou influence l’image que le monde en a, notamment sur des sujets atomiques comme celui d’Hiroshima.

Au sujet de l’utilisation de la bombe A

Comme je le disais plus haut, la justification aujourd’hui officiellement admise de l’utilisation des bombes A au Japon est qu’il n’y avait pas d’autres moyens d’obtenir la reddition des japonais, qui se seraient battus jusqu’au dernier face à une invasion « classique ». La mort de quelques centaines de milliers de personnes aurait donc permis d’en épargner plusieurs millions en cas de guerre conventionnelle.

Cette version tient debout, surtout pour ceux qui connaissent un peu l’histoire des japonais, leur ardeur au combat et leur rapport à la mort en temps de guerre.

A la lumière des documents qui sont déclassifiés avec le temps et que des historiens épluchent petit à petit, il se trouve qu’une autre hypothèse fait son chemin, et que celle-ci tient aussi bien – voir mieux – la route avec le recul.

Dernière action de la seconde guerre mondiale ou première de la guerre froide ?

Le 12 septembre 1944, avant même la chute de l’Allemagne nazie, les trois grandes puissances engagées dans la guerre (Royaume-Uni, États-Unis et Union Soviétique) se rencontrent à Londres pour préparer le partage du territoire allemand, puis à Yalta du 4 au 11 février 1945. Les tensions entre les Alliés sont déjà vives, et si le sujet de l’Allemagne nazie est le centre des discussions, la répartition des zones d’influence et donc du pouvoir des blocs occidentaux et russes est en toile de fond. Le situation au Japon est aussi abordée, et l’Union Soviétique s’y engage à déclarer la guerre à l’archipel au plus tard trois mois après la capitulation de l’Allemagne.

Capitulation sans condition de l’Allemagne nazie

Malgré la capitulation de l’Allemagne le 8 mai 1945, le Japon refuse quant à lui de céder sans condition face aux américains, qui gagnent pourtant du terrain avec notamment la prise sanglante de l’île d’Okinawa le 22 juin 1945.

La bombe atomique était à ce moment là encore en phase de finition, et ce n’est que le 16 juillet 1945 que le premier test concluant dans le désert du Nouveau Mexique fait officiellement entrer l’arme nucléaire dans l’arsenal des États-Unis. Elle sera utilisée à deux reprises moins de trois semaines plus tard sur des cibles réelles.

Empire japonais en 1945


L’analyse par l’historien américain d’origine japonaise Tsuyoshi Hasegawa des comptes-rendus des réunions de l’Empereur Hirohito avec ses ministres après les deux attaques montre que les attaques ne sont pas le centre des discussions, et qu’a contrario la déclaration de guerre de l’Union Soviétique contre le Japon et les premières attaques de celle-ci en Mandchourie (le 8 août, soit deux jours après l’attaque d’Hiroshima, mais aussi trois mois jour pour jour après la capitulation des allemands, dernier délai prévu dans les accords de Yalta) les préoccupaient au plus haut point. L’Union Soviétique, en appliquant les accords pris avec le bloc occidental lors de la conférence de Yalta, brisait ainsi le pacte de non-agression signé le 13 avril 1941, normalement pour cinq ans, avec le Japon.

L’influence des différents événements sur les choix politiques de chacune des nations est difficile à différencier plus de soixante dix ans après les événements :

  • L’Union Soviétique aurait-elle suivi ses engagements de Yalta et déclaré la guerre au Japon si la première bombe n’avait pas été lancée ? (vu les enjeux géopolitiques il semble que oui)
  • Le Japon était dépendant des ressources de son « Empire » pour continuer la guerre. La flotte américaine ayant le contrôle des mers et des airs au Japon depuis Okinawa, l’invasion de la Mandchourie par les soviétiques aurait porté un coup fatal aux possibilités offensives et défensives japonaises (voir le rapport interne au Japon déclassifié de la situation du pays le 20 juillet 1945). Pourquoi les États-Unis n’ont-ils pas attendu que le délai des trois mois soit passé (deux jours de plus) pour voir la réaction le Japon assiégé face à deux adversaires puissants ?
Extrait de « MAGIC Diplomatic summaries and transcript« , un ensemble de documents top secrets du département des armées, déclassifiés par la NSA il y a quelques années.
  • La capitulation sans condition n’était pas acceptable pour les japonais, notamment sur la seule condition du traitement de l’Empereur en cas de défaite. Les États-Unis en avait été informés et le savaient donc, mais les ultimatums de juillet ont été rédigés de manière à ce qu’ils ne puissent pas être acceptés par le Japon. N’y avait-il pas possibilité de négocier plus finement une capitulation qui aurait permis d’éviter l’extermination pure et simple de plus de 140 000 personnes à Hiroshima et de 75 000 à Nagasaki ?

A la lumière des nouveaux témoignages et documents accessibles, la thèse officielle de l’obligation d’utiliser les armes atomiques ne semble plus la seule qui tienne. On comprend cependant bien ce qui a poussé les américains à utiliser si rapidement leur nouvelle arme et à faire entrer le monde dans une nouvelle ère : montrer au monde, et en situation réelle pendant qu’il en était encore temps, la puissance de frappe sans égal des armes nucléaires, afin d’asseoir leur position de leader dans les luttes futures, face au bloc soviétique notamment.

Tout cela est un peu résumé, mais j’espère que c’est quand même clair. Cela fait un peu « révisionniste », mais pourquoi pas : le terme n’est pas censé être péjoratif dans son sens premier. L’Histoire n’est pas une vérité absolue, surtout à la fin d’une guerre avec des gagnants et des perdants.

Je tiens à préciser que nous n’avons pas eu la version officielle japonaise de cette histoire car le musée est en cours de rénovation et que seule une partie est accessible au public. Ces informations proviennent de discussions que l’on a eu avec des personnes à ce sujet, et aussi pas mal de sites internet (plus ou moins officiels) pour appuyer mes propos et que j’ai tenté de citer !

Bon, tout ça pour dire qu’au final à Hiroshima, à part au dôme et au mémorial pour la Paix, on ne parle pas forcément de la bombe atomique ! La vie suit son cours ! 🙂

Rendez-vous bientôt pour d’autres articles un peu moins longs/un peu plus perso !

Guilhem

On a retrouvé les pédalos canard d’OSS 117

L’agence du contre espionnage français a mis au point il y a quelques années un prototype de pédalo en forme de canard, dont on peut d’ailleurs apercevoir un aperçu dans le film OSS 117.

Pour ceux qui ne connaissent pas le film par cœur, un petit rattrapage s’impose !

Quelle ne fut pas notre surprise lorsque l’on a vu sur le lac au dessus de Nikko non pas un, mais bien plusieurs dizaines de ces engins, à peine camouflés sur les rives du lac, parmi d’autres engins tout aussi perfectionnés (hélicoptères ou sous-marins).

Ne parlant pas un mot de japonais et ne souhaitant pas nous immiscer dans les problèmes d’espionnage et de contre espionnage internationaux, nous n’avons pas poussé notre investigation plus loin.

Choux blanc, donc…

A toutes fins utiles, voici le plan détaillé du pédalo canard, à l’échelle.

PS : pas d’inquiétudes à avoir pour la suite de notre voyage, personne n’a pu nous repérer lors de notre escapade à Nikko, et puis l’article étant en français, ils ne seront jamais capable de le comprendre, heureusement !

Vive la France


Ces petits riens !

C’est étrange cette sensation de retrouver un environnement familier ! Tout le monde a déjà ressenti ça, quand on arrive chez les grands parents : l’odeur de la maison, l’ordre des choses, une vue familière qui évoque des souvenirs, le comportement d’un voisin, et une espèce de routine, propre à l’endroit, qui se met en place toute seule.

Et bien, nous ne sommes pas arrivés chez Mamie, et pourtant, en quelques jours, on retrouve ces petits détails qui font qu’on est bien au Japon ! Au-delà de ce qu’on connait tous plus ou moins de ce pays, ou de ce qu’on peut vous transmettre via une photo, il y a aussi tout ce qu’on ressent.  Alors parfois, ces sensations sont subjectives, et je suis sûre que d’autres voyageurs ont d’autres ressentis, mais bon, voilà tout de même quelques « petits riens » parmi d’autres :

Le piou-piou des passages piétons aux feux tricolores (que vous pourrez entendre sur notre clip-karaoké de Hoshino Gen) ! Ce petit son paraît complètement futuriste la première fois, surtout si on est à un gros carrefour avec plein de monde qui traverse, et très vite, ça devient une mélodie presque apaisante ! Guilhem est devenu expert en imitation des différents « piou » en sifflant !

La façon de se déplacer des gens dans les espaces publics : les gares, les rues, etc. . C’est une sensation difficile à décrire… Il y a souvent beaucoup de monde, et pourtant, la circulation est très « smooth » et il n’y a pas beaucoup de bruits (humains). Nous ne nous déplaçons pas comme ça naturellement et il nous faut un peu de temps avant de se remettre dans le bain. Finalement, c’est parfois un exercice de pleine conscience de se balader. Par exemple, à la gare centrale d’Osaka, où il y a un monde FOU, il faut anticiper toutes les trajectoires de toutes les personnes approchant dans un périmètre de moins de cinq mètres, pour, sans un mot, sans même un geste, savoir où passer (sauf quand on se trimbale une valise énorme qui ne se déplace pas de façon aussi « smooth » qu’on le voudrait…).

L’activité à toute heure dans les villes, rythmée par les « combini » et autres magasins ou restau ouverts 24h sur 24. Il n’y a pas de pause, et il y a tout type de personnes à toute heure du jour et de la nuit ! Je crois que je n’ai eu cette sensation d’ininterruption que dans ce pays, surtout que l’atmosphère des rues ne change presque pas, qu’il soit 8h du mat’, 14h ou 23h, on peut toujours sortir en pyjama/chaussons pour s’acheter un café au Family Mart du coin !

Le confort de pouvoir aller aux toilettes n’importe où n’importe quand ! Et oui, c’est un détail, mais qui a son importance ! Les toilettes publiques sont partout, et toujours propres en plus ! Et au pire, il y a toujours les toilettes des combinis, ouvert 24h/24…

Avec tout ça, on reprend notre rythme japonais tranquillement !

T’as vu ta tête quand tu manges un maki au wasabi ?

Dans un restaurant (japonais, cela va de soi ici !), j’ai commandé entre autre des maki au wasabi et des makis thon/concombre. Rien d’extraordinaire jusque-là.

A la question « Voulez-vous du wasabi avec vos maki ? », j’ai répondu oui aussi. On s’est alors dit « des maki wasabi au wasabi, c’est marrant ! », puis le diner a continué.

Quand le plat est arrivé, Eglantine s’est dit « tiens ceux-là il n’y a pas de poisson je peux en manger » (Eglantine est végétarienne). Elle m’a donc piqué, avec mon consentement, un maki.

Elle le porte à sa bouche, commence à mâcher… et là, c’est le drame ! Elle se replie sur elle-même, devient toute rouge, a les yeux qui pleurent… Ah oui, ça a quand même l’air un peu fort en wasabi ! 🙂

Comme c’est moi qui les ai commandés, je ne peux pas me défiler : le résultat est le même !

La prochaine fois on fera un peu plus attention lors de la commande. En tout cas ce qu’on peut en conclure, c’est que le wasabi rend poli !

Tiens il reste un maki ! Allez il est pour toi, je te le laisse, si si ça me fait plaisir vas-y ! J’insiste ! T’es sûr ? Si tu ne le prend pas je le propose aux autres c’est ta dernière chance !

La terreur du restaurant

Je me suis dévoué pour le dernier. Bon d’accord Eglantine en avait déjà mangé trois, et Mathilde que l’on rejoignait nous a poliment décliné l’offre, alors j’ai pris stoïquement mon courage a deux baguettes…

Belles découvertes à Miyajima

Le petit changement de programme orchestré par Air France lors de notre voyage vers le Japon (voir article précédent) nous amène donc à Fukuoka, d’où nous prenons deux jours plus tard le train direction Hiroshima.

Le programme est de retourner étape par étape vers Tokyo, en visitant des villes et/ou des connaissances sur le chemin.

Pour Hiroshima c’est plus une visite touristique, du coup on a fait les touristes ! Et l’une des premières destinations des touristes, ce n’est pas forcément le Peace Museum, qui raconte la destruction de la ville en 1945, mais l’île de Miyajima en face !

Miyajima

Tori de Miyajima (Hiroshima)

Le Tori dans l’eau de Miyajima est l’un des plus représenté au Japon, ce qui fait de l’île une destination très prisée. Dans le train pour se rendre au ferry, nous repérons très rapidement ceux qui s’y rendent de ceux qui commutent vers leur travail !

Notre JR Pass de sept jours nous permet de prendre pas mal de trains de « banlieue » et l’un des ferrys sans supplément. Deux lignes de ferry effectuent des allers/retours en continue entre la côte et les îles, avec plusieurs bateaux chacune.

Une fois sur place, comme à Nara, des daims naviguent entre les touristes, tentant de leur chiper leurs brochettes toutes chaudes. L’état de certains animaux, peut-être plus habiles que les autres, nous donne une indication sur l’effet de la surconsommation de brochettes au fromage… Heureusement pour vous, je n’ai pris que les plus mignons en photo !

Les rues principales sont pas mal fréquentées, malgré le fait que nous soyons en basse saison : nous imaginons la foule en pleine saison, cela doit être fou ! Nous nous écartons pour trouver un restaurant moins touristique et visitons de jolies petites rues. Les rues adjacentes sont désertes, mais pas de resto non plus !

Nous retournons dans la rue commerciale et déjeunons bien au chaud, mais nous renonçons à faire la randonnée vers le haut de la montagne, il fait trop froid et nous ne sommes pas assez bien équipés contre le vent. Nous aurons d’autres occasions de randonner comme vous le verrez !

Senjôkaku

Senjôkaku : la pavillon aux mille tatamis

Un peu plus haut dans la montagne, nous tombons sur un temple impressionnant. Inachevé, les colonnes sont restées en bois brut, tandis que les murs sont tout simplement absent, dévoilant une vue imprenable sur le village.

Les pièces de bois sont tout simplement monumentales, et du fait de son histoire aucun artifice ne vient camoufler les éléments de charpente et le veinage unique du bois. Je préfère ces monuments aux temples maquillés en rouge ou en feuilles d’or !

Sur la charpente du bâtiment sont accrochées de nombreuses œuvres de toutes les époques, certaines ayant l’air de dater de plus de mille ans tandis que sur d’autres on croirait l’encre à peine sèche.

Le coup de cœur d’Églantine (largeur : environ trois mètres !)

Le plancher est lui aussi remarquable. Lustré par des hordes de touristes en chaussettes ou chaussons verts fournis à l’entrée, il en impose et montre la résistance et la beauté révélée avec le temps du bois massif : on est loin des parquets composites clipsables qui sont la norme dans les magasins aujourd’hui…

Après un peu plus de quatre cent ans, on observe quelques réparations sur le plancher, qui sans faire tâche ajoute du cachet au bâtiment !

Après cette petite pause dans le calme du temple, nous continuons notre découverte de l’île au hasard, et le hasard fait souvent assez bien les choses !

La rivière Momijidani et son parc

Nous nous retrouvons sur le chemin du funiculaire menant au mont Misen, l’autre « must-see » de l’île.


N’ayant pas choisi d’y monter, nous ne sommes donc pas tentés de courir pour attraper le prochain funiculaire comme l’indique le drôle de panneau sur le côté !

A un moment donné, nous voyons une jolie rivière sur le côté, bordée de petites maisons. On dirait une sorte de Ryokan, les hôtels traditionnels japonais, avec sa ballade privée le long des maisons. Rien n’indique que l’endroit est privé, alors contrairement à la plupart des autres visiteurs nous tentons notre chance en remontant la rivière, à pas de loup pour ne pas déranger si jamais…

La beauté du lieu semble toute naturelle, avec ses blocs de pierre immenses formant des piscines et des petites cascades, un chemin de mousse se faufilant entre les arbres subtilement taillés… Cependant, un panneau informatif nous indique (en anglais !) qu’il s’agit d’une création 100% humaine, la rivière ayant été balayée par un glissement de terrain en 1945.

On doit cette petite merveille à un paysagiste d’Hiroshima dont nous avons oublié le nom, mais qui s’est attaché à respecter au mieux le lieu pour habiller les travaux de stabilisation de la rivière. On apprécie d’autant plus le travail accompli lorsque l’on connait ce que donnent les autres rivières « sécurisées » du japon, soit la majorité d’entre elles.

Lorsque l’automne bât son plein, cette petite rivière est l’un des lieux les plus prisés pour le momijigari, la contemplation du changement de couleur de la nature, principalement des érables rouges du Japon (momiji). Nous arrivons juste un peu tard, mais si l’on a raté les jolies couleurs, cela nous a permis de découvrir le lieu dans un calme qui nous convient tout à fait !


Voilà pour notre petit tour de touristes !

Je pense qu’une grande partie du plaisir que nous avons ressenti à découvrir ces différents endroits venaient du fait que nous avions justement l’impression de les découvrir, n’ayant pas potassé nos guides de voyages sur Miyajima avant de nous y rendre.

Pas d’attentes particulières, pas de schéma ni de trajets prédéfinis, on s’est laissé guidé par les chemins qui se présentaient à nous (et par notre faim !). Les découvertes n’en ont été que plus belles !

Certes nous avons semble-t-il « loupé » le temple aux 500 bouddhas, mais si je n’avais pas recherché quelques noms pour écrire cet article, je n’aurai jamais su que nous étions passé à côté de quelque-chose. Y-a-t-il quelque-chose à regretter ? 😉

A bientôt !


A peine partis…

Pour notre troisième visite au Japon, nous avions prévu de faire « comme d’hab » : arrivée à Tokyo chez notre ami Alex qui nous héberge pendant un mois (la chance, merci à lui c’est trop cool !), le temps de prendre nos marques au Japon, de faire passer le jetlag, de faire de l’aïkido et d’organiser la suite du voyage.

Seulement voilà, Air France va chambouler tout ce beau programme : avant même de partir, nous sentons que le voyage va être sport, avec une demi-heure de retard annoncé sur le premier vol, alors que nous n’avons que dix minutes pour changer de hall avant l’embarquement du Paris-Tokyo.

Malgré notre belle course, nous arrivons à notre porte d’embarquement et voyons que la rampe d’accès est en train d’être retirée : un peu tard ! Nous sommes redirigés vers le service client Air France qui nous cherche un nouveau vol pour Fukuoka, notre destination finale.

Petit intermède pour vous expliquer notre plan initial : nous avons pris un vol Bâle-Fukuoka car il se trouve qu’il est moins cher que le Paris-Tokyo, pourtant inclus dedans (??).
Deux mois avant le départ, suite à une annulation de notre vol Paris–Tokyo-Haneda par Air France et de son remplacement par un Paris–Tokyo-Narita, nous forçant à récupérer nos bagages et à changer d’aéroport, nous avons pensé « rater » notre correspondance forcée vers Fukuoka, afin de rester à Tokyo. Vous suivez toujours ?

Air France nous trouve donc une solution de repli pour aller vers notre « destination finale« , ce qui ne nous arrange pas vraiment. Nous leur expliquons que nous avions secrètement prévu de nous arrêter à Tokyo, mais ils veulent absolument nous emmener à notre Fukuoka. Soit.

Cela nous oblige à revoir un peu nos plans pour notre arrivée, heureusement que l’on avait pas prévu grand chose ! C’est surtout gênant pour Alex qui nous attendait pour notre arrivée.

Fukuoka donc… et après ?

Nous arrivons donc à Fukuoka vers 20h. Les billets d’avion pour Tokyo semblent complets et assez cher en dernière minute, les bus de nuit pour la capitale un peu longs après déjà 24h de transit (cela ajoute un jour de demi de trajet)… Nous optons donc pour une remontée tranquille vers Tokyo en passant par des villes que nous ne connaissons pas encore et où nous pourrons rencontrer des connaissances : Hiroshima, Kobe, Osaka et autre !

Pour les trajets, le JR Pass semble parfait : il permet de prendre quasiment tous les trains grande ligne du Japon, Shinkansen (train grande vitesse) compris, pendant sept jours. Nous limitons ainsi les temps de trajet, simplifions les recherches d’horaire et de lieux de départ (avec nos bagages c’est mieux !) afin de rendre notre tour forcé un peu agréable !

Dernier point : le logement. AirBnB est le moins cher et le plus facile à réserver pour les occidentaux. Il faut juste faire attention à ne pas se tromper d’arrêt pour les logements près des gares ! :S

Moralité

Quand on veut faire les malins pour avoir un billet moins cher et en plus contourner le système, il faut pouvoir s’adapter aux situations qui arrivent !

Mais nous ne nous en sortons pas si mal, et notre début de périple est très sympa ! De plus, si Air France consent à nous payer les frais prévus par la réglementation européenne sur le retard des longs courriers, nos billets d’avions nous reviendront à environ… -100€ ! Qui dit mieux pour un aller/retour ?

Épilogue : nous avons appris pendant notre voyage que la valise d’Eglantine a « raté » le départ de Bâle, et a donc été redirigée vers Fukuoka en passant par Séoul : si nous avions eu notre avion, nous n’aurions donc de toute façon pas pu récupérer cette valise à Tokyo, nous forçant à aller à Fukuoka ! Comme quoi le destin est bien fait ! 🙂